Comment réguler son énergie intérieure pour apaiser ses relations (et l'enseigner à ses enfants) ?

L’énergie intérieure peut être mobilisée par un événement extérieur ou par une pensée.

Par exemple, si je repense à une situation au cours de laquelle je me suis sentie angoissée, cette pensée peut réactiver dans mon corps certaines sensations associées à cette période : tension, accélération, agitation, contraction ou au contraire besoin de me mettre en retrait.

De nombreux éléments peuvent ainsi influencer notre niveau d’énergie intérieure.

À retenir

  • Déclenchement : un événement extérieur ou une simple pensée peut mobiliser notre énergie intérieure et réactiver des sensations physiques (tension, agitation, besoin de retrait).
  • Rôle de l'auto-observation : identifier ce que la situation touche en soi est indispensable pour réguler son état intérieur.
  • Comportement et histoire : la capacité à s'autoréguler dépend des compétences acquises au fil de son parcours personnel, sans aucun jugement de valeur.

L'impact d'une situation émotionnelle

Imaginons par exemple qu’un parent apprenne que son enfant n’a pas respecté certaines règles de comportement à l’école. Cette information peut provoquer chez lui de l’agacement, de l’inquiétude, de la déception ou encore de l’angoisse. Elle peut donc mobiliser une quantité d’énergie plus ou moins importante.

S’il ne parvient pas à identifier ce que cette situation a touché en lui, il peut alors éprouver davantage de difficultés à réguler son état intérieur.

Le comportement qui découle de cette difficulté va à son tour influencer la façon dont il va traiter cette première information.

Exemples de réactions parentales

Je vais supposer ici deux possibilités de réaction, mais ce ne sont que des exemples, car chacun est unique et il pourrait exister de nombreuses autres possibilités selon les personnes, leur histoire et le contexte :

  • Premier cas - Le parent a acquis des compétences d’auto-régulation. Il va pouvoir utiliser l’énergie mobilisée par la situation sans la laisser prendre toute la place, afin de préserver une relation harmonieuse avec son enfant.
  • Second cas - Le parent peut décharger sur son enfant l’énergie accumulée et le punir sans lui apporter la compréhension nécessaire de la situation.

Comprendre plutôt que juger

J’ai volontairement choisi deux situations très différentes, non pas pour dire que l’une est « bien » et l’autre « mal », car il n’est pas question de juger le parent.

Il s’agit plutôt d’illustrer le fait que nos réactions sont souvent liées à des apprentissages, construits au fil de notre histoire.

Dans le second cas, le parent n’a peut-être pas eu l’occasion d’acquérir certaines compétences de régulation ou de développer suffisamment de sécurité intérieure pour faire autrement. Cela peut notamment être lié à sa propre histoire. Et cela n’a pas à être jugé.

Que peut m’apporter le fait d’apprendre à réguler mon énergie ?

Parent soutenant enfant illustrant compétences de régulation émotionnelle

Reprenons cette même situation.

Dans le premier cas, je peux supposer que le parent a ressenti de la tristesse, de la déception ou de l’inquiétude.

Mais, grâce aux compétences de régulation qu’il a acquises et au lien harmonieux qu’il souhaite entretenir avec son enfant, il peut utiliser cette énergie comme une information, puis retrouver suffisamment de disponibilité intérieure pour apporter une réponse adaptée à la situation.

Et, par effet d’observation, il transmet également à l’enfant un modèle de réaction.

Les enfants sont de fins observateurs. Ils apprennent beaucoup à travers ce qu’ils voient et expérimentent dans leur environnement.

Le parent pourra ensuite aller plus loin dans cet apprentissage et, notamment par le biais du jeu, accompagner l’enfant dans la compréhension des règles sociales, de leurs limites et de leurs conséquences.

Dans le second cas, le parent peut se retrouver débordé par l’énergie mobilisée par la situation.

Il peut alors devenir beaucoup moins tolérant vis-à-vis du comportement de son enfant et réagir sous l’effet de cet état intérieur plutôt que de pouvoir choisir consciemment la réponse qu’il souhaite apporter.

Autrement dit, il est davantage soumis à l’énergie de son état intérieur qu’en capacité de la mettre au service de la relation.

Cette situation ne favorise pas nécessairement non plus l’acquisition, par l’enfant, de ses propres capacités de régulation.

La conséquence peut devenir souffrante autant pour l’enfant que pour le parent, alors que le but initial était avant tout de favoriser l’harmonie entre eux et de parvenir à une meilleure compréhension des enjeux sociaux, ici dans le cadre de l’école.

Je ne ressens rien de particulier, est-ce normal ?

Les réactions d’évitement face aux situations

Il se pourrait également que le parent ne ressente aucune sensation ou activation particulière et fasse totalement abstraction de la situation, en l’occurrence de la remarque du professeur.

Dans ce cas-là, il semblerait que le parent ait adopté, consciemment ou inconsciemment, une stratégie de fuite, d’évitement ou de mise à distance face à ce type de situation.

Est-ce à dire pour autant qu’il ne se passe rien à l’intérieur de lui ? Pas nécessairement.

La réponse physiologique de l’organisme

Notre organisme réagit en permanence à ce qui se passe dans notre environnement. Nous pouvons ressentir des modifications physiologiques, des tensions, des changements dans notre respiration, notre rythme cardiaque, notre niveau de vigilance ou notre envie d’agir, même lorsque nous n’en avons pas clairement conscience.

Ce qui diffère d’une personne à l’autre, c’est notamment la manière dont elle a appris, dès l’enfance, à percevoir, accueillir et utiliser ce qui se passe en elle :

  • Certaines personnes ont appris à reconnaître leurs sensations et à leur donner du sens.
  • D’autres ont pu apprendre à les mettre à distance, à les enfouir ou à les éviter afin de ne « rien ressentir » en apparence.
  • Certaines expériences difficiles ou traumatiques peuvent notamment favoriser ce type de stratégie d’évitement.

L’évolution possible grâce à l’accompagnement

Cela ne signifie cependant pas que ces réactions soient définitives.

Il est possible, avec un accompagnement adapté, de développer progressivement une meilleure perception de son monde intérieur et de nouvelles manières d’y répondre.

Dans quel but apprendre à réguler son énergie ?

Vous l’avez compris : l’énergie intérieure peut nous renseigner sur ce qui se passe en nous et dans notre environnement.

Elle peut s’accompagner de ressentis physiologiques qui permettent progressivement de prendre conscience de ce qui se passe et d’en tenir compte.

Plus notre perception devient fine, plus nous pouvons apprendre à distinguer ce qui se passe en nous, à réguler notre niveau d’activation et à choisir une stratégie comportementale adaptée à la situation.

Outils de mesure symbolisant énergie intérieure et régulation

C’est pourquoi il peut être intéressant d’acquérir, dès l’enfance et en fonction de l’âge, différentes modalités permettant de reconnaître, réguler et orienter son énergie intérieure.

Lorsque ces apprentissages n’ont pas suffisamment été acquis, certains outils peuvent également aider à les développer.

L’enfant en âge scolaire, notamment à partir de 6 ans, va progressivement développer des habiletés cognitives qui vont influencer sa capacité à comprendre et à réguler ses états intérieurs.

Il peut ainsi commencer à établir des liens entre ce qu’il ressent dans son corps, l’intensité de ce qu’il vit et les comportements qu’il peut choisir en réponse.

Et s’il était question de stratégies d’apprentissage ?

Transformer l'énergie en source d'apprentissage

Vous l’avez compris, l’énergie mobilisée par une situation peut devenir une information permettant d’apprendre.

Dans l’exemple ci-dessus, l’idée est d’apprendre à observer ce qui se passe en soi afin de pouvoir ensuite choisir une réponse plus adaptée.

Pour le parent, le but pourrait être d’apprendre à sentir ce que la situation a touché en lui.

Cette prise de conscience lui permettra progressivement de mieux comprendre sa réaction, de retrouver une marge de choix et d’adopter, à l’avenir, une stratégie de réponse plus constructive.

Les bénéfices de la régulation intérieure

Développer ses capacités de régulation permet également de :

  • Mieux accueillir les phénomènes internes d’ordre physiologique et les différents états que nous pouvons traverser.
  • Favoriser un développement plus harmonieux dans les relations.
  • Libérer de la disponibilité intérieure afin de pouvoir davantage s’engager dans ce qui compte pour soi et favoriser l’épanouissement de ses talents.

Un outil à acquérir et à mettre dans sa boîte d’urgence

L'accompagnement de l'enfant vers l'autorégulation

En tout état de cause, plus le parent ou l’éducateur va offrir un environnement permettant l’identification, puis la régulation de ce qui se passe intérieurement grâce à différentes stratégies, plus l’enfant pourra lui-même acquérir cette compétence.

La respiration, un outil clé d'ancrage

Parmi ces outils, la respiration occupe une place particulière.

Nous respirons en permanence, sans avoir besoin d’y penser. Pourtant, lorsque notre état intérieur se modifie, notre respiration peut elle aussi changer : elle peut devenir plus rapide, plus courte, plus haute ou irrégulière.

Porter volontairement son attention sur sa respiration peut alors devenir un premier point d’appui pour revenir au corps et prendre conscience de son état intérieur.

Il ne s’agit pas nécessairement de chercher à supprimer ce que l’on ressent, ni de forcer une respiration particulière. Il peut simplement s’agir de s’arrêter quelques instants, observer sa respiration et lui permettre progressivement de retrouver davantage d’amplitude et de confort.

Cette attention portée au souffle peut créer un espace entre ce qui vient de se produire et la réaction qui pourrait suivre. Cet espace est précieux.

Il permet au parent de prendre conscience de l’énergie qui vient d’être mobilisée, de retrouver progressivement davantage de disponibilité et, lorsque cela devient possible, de choisir sa réponse plutôt que de la subir.

Une ressource essentielle à transmettre aux enfants

La respiration devient ainsi une véritable ressource de régulation, accessible à tout moment et particulièrement intéressante à transmettre aux enfants.

Avec l’apprentissage, l’enfant peut lui aussi découvrir qu’il dispose d’un moyen simple pour revenir à ses sensations corporelles, reconnaître ce qui se passe en lui et retrouver progressivement son équilibre.

Et de surcroît, cet apprentissage peut permettre de libérer de l’énergie afin de pouvoir s’engager dans une cause, une relation ou une activité qui fait du bien, plutôt que de mobiliser cette énergie dans la lutte, la fuite ou l’évitement.

Je vous aide à relever ce défi en choisissant votre accompagnement.


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